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Prélude

 

La Nouvelle-Calédonie est maintenant bien connue comme l’un des points du globe où la biodiversité végétale et animale est la plus importante et la plus originale. En effet, elle abrite une faune et une flore à la fois riches (nombreuses espèces) et originales (taux élevé d’espèces endémiques).

Les espèces qui l’ont colonisée ont trouvé des milieux diversifiés pour s’y développer et des conditions environnementales suffisamment éloignées de leurs habitats d’origine pour s’y différencier en familles, genres, espèces et sous-espèces distinctes. Cette avifaune qui a évolué dans le contexte protégé d’une île et a longtemps bénéficié d’un isolement qui la mettait à l’abri de la concurrence, portait aussi en elle les stigmates de sa vulnérabilité.

 

L'anthropisation

L'urbanisation

Le cerf, espèce introduite

Le rat, espèce introduite

En effet, elle n’était pas préparée aux évolutions brutales et radicales que l’homme allait lui imposer lors de son arrivée et qui ont fondamentalement modifié son environnement et son équilibre avec le milieu. Les habitats ont été détruits par des incendies répétés. Aux formations naturelles ont été substituées des zones urbanisées, des cultures et des espaces pastoraux de moindre valeur biologique.

L’homme continue d’étendre son emprise sur des espaces précieux pour les oiseaux comme les îlots du lagon, dont la fréquentation est en augmentation constante alors qu’ils constituaient le site de reproduction exclusif de nombreux oiseaux de mer. Ces oiseaux qui ont perdu leur quiétude désertent ces sites.

De plus, l’homme a de tout temps amené avec lui un cortège d’espèces animales et végétales qui se sont implantées au contact –et souvent aux dépens- des espèces indigènes, entrant en concurrence (Merle des Moluques) ou s’hybridant avec elles (Canard colvert), altérant leurs habitats (herbivores), détruisant leurs couvées (rats, chats, chiens).

 
   

L’avifaune actuelle comporte 197 taxons (toutes unités systématiques réunies).


Ce sont des oiseaux marins :

  • soit nicheurs (25 espèces, dont le Pétrel de Tahiti, le Pétrel de Gould, la Sterne néréis sont les espèces les plus menacées) qui se reproduisent en colonies dans les îlots du lagon, sur la côte, en montagne, ou dans les îles éloignées comme Walpole et Surprise,
  • soit qui passent régulièrement ou occasionnellement dans les parages de la Nouvelle-Calédonie (26 espèces), mais qui nichent ailleurs.

Les oiseaux terrestres nicheurs comptent eux 13 espèces introduites pour la chasse ou l’agrément, et naturalisées (Dindon, Bulbul, Bengali, Tourterelle de Chine, Merle…), mais, surtout, 88 espèces indigènes. Celles-ci peuvent avoir une large répartition dans la région, mais les plus intéressantes sont les 23 endémiques de la Nouvelle-Calédonie, dont notre fameux Cagou qui constitue une famille à lui seul ; le Pigeon soyeux et les Perruches cornues qui forment des genres endémiques ; le célèbre Notou ou Carpophage géant, ce grand pigeon frugivore précieux, disséminateur de graines et gibier apprécié, mais trop chassé.
C’est parmi ces espèces, en particulier celles de forêt que se rencontrent la plupart des (17) espèces menacées, inscrites sur la liste rouge de l’Union Mondiale pour la Nature, dont le rare Méliphage noir et la Perruche d’Ouvéa.

On trouve aussi 45 oiseaux terrestres migrateurs, dont une vingtaine de limicoles (échassiers qui recherchent leur nourriture sur les vasières et l’estran) qui nous arrivent à chaque septembre de Sibérie et de Mongolie où ils ont niché.

Il est nécessaire de mettre en oeuvre des programmes de sauvegarde, comprenant la lutte contre les prédateurs et les compétiteurs, la création d’aires protégées, la sensibilisation du public, pour assurer la survie de ces espèces uniques au monde et dont la Nouvelle-Calédonie a la responsabilité. Les Services de l’environnement des Provinces ainsi que certaines associations et institutions scientifiques s’y emploient et contribuent à la connaissance et à la sauvegarde de ces espèces et de leur milieu.

Entre Calédoniens, on sait de quoi on parle quand on évoque ce petit passereau familier qu’est le « Lunette ». Mais ce nom ne dira rien à un métropolitain (enfin, un métropolitain qui ne sait pas tout !) et qui lira le nom « Zostérops à dos gris» dans son guide, ni à un vieux de Lifou qui ne connaît que son nom en drehu « eatreu ». Le naturaliste australien sera encore plus perdu lui qui l’appelle « White eye » dans son pays. Il sera par contre rassuré de découvrir que son nom latin est Zosterops lateralis et verra tout de suite de quel oiseau il s’agit.

Il y a donc plusieurs niveaux pour se comprendre quand on désigne un oiseau :
Au sein d’une aire linguistique kanak, le nom vernaculaire ; sur le territoire, le nom local ; en français, le nom français officiel et pour les naturalistes internationaux, le nom scientifique en latin.

Comment sont construits les noms scientifiques des oiseaux ?

Les êtres vivants, végétaux et animaux, sont classés, rangés et désignés selon un ordre et une nomenclature (ou taxonomie), éventuellement révisables, mais qui sont normalisés et acceptés par la communauté scientifique.

Cette classification qui consiste à ranger les êtres vivants en ensembles hiérarchiques, inclus les uns dans les autres, a été conçue par le naturaliste suédois Linné au XVIIIème siècle.

Les oiseaux forment une Classe et appartiennent, à côté des mammifères et des amphibiens (autres Classes), à l’Embranchement des Vertébrés.

Cette Classe, composée d’organismes dotés de plumes et pondant des œufs, est découpée en Familles regroupant des oiseaux ayant des caractères communs. Par exemple, la Sarcelle grise et le Canard à sourcil sont des Anatidae, bien différents de la Perruche de la chaîne et du Loriquet à tête bleue qui sont des Psittacidae.

Ensuite un double nom latin, générique (commençant par une majuscule) et spécifique (par une minuscule) est attribué à l’oiseau (par le scientifique qui le premier l’a décrit, le plus souvent sur la base de critères morphologiques). Une famille peut contenir de nombreux genres (la plupart d’entre elles), ou très peu, voire un seul. Notre Cagou est exceptionnel et tellement particulier par rapport aux autres oiseaux (Ardeidae, Rallidae) que les systématiciens lui ont dédié à lui tout seul une famille, celle des Rhynochetidae (qui a du poil au nez !). Cette famille est constituée d’un seul genre Rhynochetos, comportant une seule espèce, Rhynochetos jubatus, le Cagou.

Des oiseaux de même genre et d’espèces différentes sont plus semblables entre eux que des oiseaux de genre différents. Par exemple, au sein de la famille des Ardeidae (Hérons), l’Aigrette à face blanche et l’Aigrette des récifs, toutes deux du genre Egretta, la première Egretta novaehollandiae, la seconde Egretta sacra, sont plus proches entre elles qu’elles ne le sont du Héron de nuit du genre Nycticorax.

Des différences morphologiques plus subtiles sont parfois observées par les ornithologues, notamment pour des oiseaux d’une même espèce mais qui ont évolué en sous-populations dans des aires géographiques distinctes et qui commencent à se singulariser. On parle alors de sous-espèces, races ou variétés. Le Zostérops à dos gris est présent sur la Grande Terre et aux Loyauté, mais il revêt des couleurs suffisamment contrastées dans son aire d’extension pour que les ornithologues aient reconnu trois sous-espèces différentes : Zosterops lateralis griseonata en Grande Terre, Z. l. nigrescens à Maré et Ouvéa et Z. l. melanops à Lifou.


Le tableau complet avec les noms d'oiseaux en français et anglais.